September 30
Paf ! Pour le coup, à cet instant, je ne sais pas du tout ce que j'ai envie de dire. J'ai simplement cliqué sur "Ajouter", c'est déjà un signe, non ? Je prends mes aiguilles à tricoter et je fixe l'écran, mon café devient tiède. Mon épouse dort, ma fille regarde son dessin animé nerveux, mon fils est à l'école jusqu'à midi.
Alexandra, pour qui j'ai composé une musique et qui doit poser sa voix dessus, a disparue.
Benjamin, pour qui j'ai fait un site et un forum en échange d'une analyse de mon manuscrit, a disparu lui aussi, avec mon texte.
Pour l'instant.
Personne ne comprend rien à ce que je dis. Il faut juste faire un pas dans l'imagination pourtant. Il faut juste assassiner sa vanité.
Les mots se flattent mutuellement et nous en sommes vêtus jusqu'au ciel. Alors il y a une forme déracinée d'être là.
"Considérant l'occlusion de tous les concepts offerts à mon analyse et la structure ainsi contingentée de ma réalité je peux imaginer la forme induite de la potentialité qui les abreuve. Ici est un silence vertigineux mais plus tangible que celui qui s'égare dans les mots/concepts. Tangible au point de matérialiser des mouvements et des fluctuations compréhensibles mais iréductibles. Compréhensible, c'est toute la difficulté.
Ma réflexion est portée par une expérience violente de lucidité. Je sais qu'il est possible de jouer avec les idées comme avec un instrument de musique, de penser à plusieurs choses en même temps. De faire, c'est étrange, comme ce que font les physiciens du CERN avec leur accélérateur, maintenir des idées dans un état de latence et les fracasser avec d'autres, créer des collisions, explorer cette matière. On ne peut le faire que dans un état de solitude difficile à tenir. Tout ce que l'on peut en dire ensuite n'a plus le vrai goût de ce qui a été vu."
September 25
Et salut (miroir...) me revoilà. Il s'en est passé des
choses ! Alors expliquez-moi pourquoi je ne me jette pas sur mon blog dès
qu'une idée me traverse l'esprit ? Une question d'entraînement ? hein ?
- Alain, ton blog.
- Quoi mon blog ?
- Ca fait presque deux mois !
- Et alors ? J'ai pas le goût et puis d'une certaine façon c'est très
frustrant.
- Comment ça frustrant ?
- Ben oui, plus t'en mets et plus ça descend dans la liste. La dernière fois on
m'a dit que mon billet était super alors je touche plus rien moi. Tous ces
flâneurs, ces flâneuses, qui se penchent et lisent, ne lisent en fait que le
dernier billet. Le papillon ne butine pas la fleur fanée mais uniquement celle
qui a le goût de l'instant.
- Ouaaah !
- Ben oui, c'est comme ça. Plus t'en mets plus ça disparaît. Moins t'en met par
contre, plus les serveurs t'ignorent et te laissent peinard, figé un certain
1er Août 2006 , 22 juin 2003 ou 9 Mai 1996. Statue d'un jour, parfois on se
laisse prendre avant de lire la date. Une question sans réponse postée dans un
forum, je connais la réponse, je m'apprête à répondre et je lis "message
posté le 5 avril 2004". Tu crois que le type consulte le forum tous les
jours depuis cette date ? Je te défi de deviner en regardant simplement la
lumière de l'écran, la rutilance des caractères, le dégradé des formes et
l'ombre des bannières, de quand date un billet, où qu'il soit.
- Tais-toi tu me fais déprimer.
- T'avais qu'a pas me harceler avec mon blog.
- En fait t'a rien à dire, c'est ça.
- Pas du tout. Quand je me suis mis devant l'écran j'avais une idée bien
précise.
- Ben vas-y.
- Ca va, je vais le dire, c'est pas la peine de me mettre la pression.
- Je te mets pas la pression, je te dis accouche. Ca commence à faire tartine
ton billet.
- Hum. Alors voilà, je comparais l'échelle de temps que les paléoanthropologues
nous proposent. D'un côté t'a 30 ou 50 000 ans pendant lesquels tout le monde
considère que nos ancêtres étaient tout à fait équipés course question
cogitation, millénaires pendant lesquels on s'extasie devant leurs capacités
cognitives et de l'autre côté environ 5000 ans (depuis le paléolithique supérieur)
pour prendre large pendant lesquels tout se fabrique et qui nous mènent de la
charrue aux sillons d'Oportunity sur la planète Mars.
Ce qui veut dire que pendant 25 ou 45 000 ans l'homme s'est contenté de casser
des cailloux et j'allais dire jouer de la guitare autour du feu. C'est pas
bizarre ça ?!
- C'est toi qui es bizarre. Le coup des ancêtres tu l'as déjà fait dans ton
billet précédent. Ca l'fait plus trop.
- Mais je m'en fous que ça le fasse ou pas. Mon billet précédent date de
presque deux mois. J'ai le droit de penser à mes origines une fois tous les
deux mois, non ?
- Ouais, bon, Ok, vendu. C'est fini là ?
- En fait tu t'en fous de ma question. Tout ce qui t'intéresse c'est comment je
la vends.
- Non, non, pas du tout mais j'ai un blog à tenir. Il me faut des trucs de luxe
du rêve, des choses qui accrochent.
- Ben justement. En fait quelle est la part du rêve dans ces deux périodes que
je viens d'évoquer ? Est-ce que le Chamanisme (la religion comme réceptacle
d'un brouillard de croyances) aurait pu hypnotiser l'esprit d'un monde et
arrêter le temps de notre étonnement ? (là tu te tais où je te claque).